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Les personnes en situation de crise

Code : 09AC01
Type : Apport de connaissances
Mise à jour : 2021-11
Niveau : PSE2

Les états de crise

Lors de l’action de secours, le secouriste peut être confronté à une victime présentant des réactions inhabituelles, d’intensité variable et de formes diverses, traduisant un état de crise. Cedernier peut se manifester par un contact impossible à établir, une agitation extrême, un état d’ébriété, un vécu délirant, des hallucinations, une angoisse massive, un comportement agressif, une violence incontrôlable ou encore des intentions suicidaires. Les origines de ces troubles peuvent être diverses : physiques, psychologiques ou psychiatriques. La plupart du temps, la demande de secours n’émane pas de la victime, mais de son entourage et nécessite une réponse urgente et immédiate du fait :

Définition

La crise est une manifestation brusque et intense, de durée limitée, pouvant entraîner des conséquences néfastes. Elle est révélatrice d’une rupture d’équilibre, générant une souffrance aiguë difficile à contenir

par la victime elle-même ou par autrui.

Causes

Deux types de facteurs peuvent être à l’origine d’un état de crise :

TROUBLES
ORGANIQUES
Hypoglycémie
Hypoxie,
Hypo ou hyperthermie,
Déshydratation,
Tumeur cérébrale
Accident Vasculaire Cérébral
TRAUMATISMESCrânien
Hémorragie grave
Douleur intense générée par le traumatisme
PHYSIQUES
INTOXICATIONS
(volontaires ou
involontaires)
Alcool
Stupéfiants
Médicaments (arrêt brutal, surdosage, interactions médicamenteuses).
Les prises de toxiques sont souvent associées entre elles (alcool et cocaïne par exemple) …
TROUBLES
PSYCHIATRIQUES
ÉTATS AIGUS : états transitoires, mais qui parfois peuvent être un mode de révélation d’une
maladie psychiatrique
ÉTATS CHRONIQUES : troubles liés à une affection psychiatrique permanente, engendrant
des difficultés dans la vie de la personne, des souffrances et des troubles du comportement
(schizophrénie, troubles bipolaires, troubles du comportement alimentaire, troubles
addictifs …)

Risques et conséquences

L’état de crise prend souvent l’allure de troubles psychiatriques, alors qu’il peut être l’expression d’un problème physique.

En état de crise, la victime n’est pas toujours raisonnable et consciente de la réalité de la situation, ce qui peut complexifier l’action de secours. Le secouriste risque ainsi d’être :

Signes et manifestations

L’état de crise est repérable au travers de manifestations inhabituelles. Ces dernières peuvent être le motif de l’intervention ou apparaître secondairement en cours de la prise en charge d’une victime. Le secouriste les identifiera en observant la personne dans ses différentes sphères : comportementales, émotionnelles et cognitives.

Le secouriste observeLes signes et manifestations à repérer
La présentationLa présentation-
Etat vestimentaire inadapté
-
Etat d’hygiène : manque ou excès
-
Présence de marques, blessures, etc.
Les signes physiques et
physiologiques, de stress,
de tension, d’anxiété :
-
Une hyperventilation, une sensation d’étouffement
-
Une pâleur ou coloration du visage, des sueurs, etc.
-
Des tremblements, une tension musculaire
Le comportement-
Une hypoactivité avec un contact difficile, voire impossible à établir : mutisme,
isolement, incapacité à réagir, prostration
-
Une hyperactivité, avec une agitation stérile, des actions désordonnées,
irréfléchies, incontrôlables
-
Une agressivité, voire une violence incontrôlable
Le discours-
Un discours accéléré ou ralenti
-
Un bégaiement ou autre anomalie du langage
-
Un discours désorganisé, des propos incohérents
-
Une incapacité à penser, à émettre un avis, une « sidération »
-
Des troubles de la mémoire (amnésie)
-
Une absence de conscience de son état
-
De la confusion, de la désorientation
-
Une perception négative de la vie, des intentions suicidaires
L’état d’esprit et
émotionnel
-
Une hyperémotivité : cris, pleurs, panique/euphorie, exaltation
-
Une peur intense, un fort sentiment d’insécurité
-
Un sentiment de colère avec une tendance à l’agressivité, à la violence
-
Une perte de contrôle de soi : impulsivité
-
Une absence d’émotion, comme « déconnectée de ses émotions »
-
De la tristesse, du désespoir

Au total, le secouriste peut se retrouver confronté à deux cas de figure :

Les réactions « silencieuses »

Après avoir été exposée à un événement stressant, potentiellement traumatisant ou bouleversant, la victime répond par une réaction aiguë pouvant prendre la forme d’un état de dissociation. Ce phénomène protecteur se met automatiquement en place chez la victime face à un stress extrême, lui permettant de se soustraire à la frayeur, de se déconnecter d’une réalité insupportable.

Dans ce type de réactions, la victime se trouve coupée de ses émotions et est incapable de les exprimer. Parfois l’état dissociatif est tel que la personne peut être totalement confuse et désorientée, sans notion de temps qui s’écoule, amnésique, elle peut errer sans savoir qui elle est et où elle est. Elle n’est donc pas en mesure de juger et d’évaluer la situation. Ce type de manifestation est le signe d’une détresse psychologique aiguë, voire d’une blessure psychologique grave (risque de voir se développer par la suite des troubles psychotraumatiques). Elle nécessite une orientation vers une prise en charge psychologique spécialisée (aux urgences hospitalières, possibilité de prise en charge par la CUMP dans le cas d’événements impliquant de nombreuses victimes).

Les réactions « bruyantes »

À l’opposé des réactions précédentes, il existe certaines réactions plus « bruyantes ». La victime présente une hyperactivité (physique ou psychique) d’intensité et de durée variable et qui peut être le signe d’une souffrance psychologique tout aussi grave.

Précisions

Autres réactions

La réaction de stress n’est pas la seule réaction possible, les personnes peuvent également être violemment frappées par un choc de compassion ou une perte, quelle qu’elle soit.

Dans le cas du choc de compassion, la victime est marquée par la douleur de l’autre et engage des ruminations autour du drame qui se joue.

Les sentiments éprouvés ne seront donc pas de l’ordre de la peur cette fois, mais plutôt de la tristesse, de la colère ou de l’impuissance.

Les réactions peuvent varier et parfois donner lieu à une décharge brutale de souffrance psychique et à la mise en place de mécanismes de défense psychologique : sidération, malaise, incompréhension, déni, culpabilité, recherche de responsabilité, agressivité, etc.